Francos : notre critique d’Ariane Moffatt
Enfin, voici le tout nouveau spectacle d’Ariane Moffatt qwui était présenté au Métropolis.
Malgré le nom du festival, qui annonce des spectacles dans la langue de Molière, Ariane Moffatt démarre son concert avec la pièce In your body. Seconde pièce? Également en anglais. Le public ne lui en tient pas rigueur et lui sert, après même pas dix minutes de présence sur scène, une ovation à tout rompre.
Pendant qu’elle enfile coup sur coup Hôtel Amour et Mon corps, parfaitement réussies, je détaille la scénographie: panneaux translucides, éclairés de l’intérieur, griffés de lignes qui, lorsqu’allumées simultanément, forment le logo du dernier album d’Ariane, MA. Lasers et jeux d’éclairage complètent le tout qui, avec le spectacle qui se déroule sous nos yeux, forment un tout éminemment exportable chez nos voisins du sud, la prochaine étape dans la carrière de l’ambassadrice de la musique made in Québec.
Après Mon corps suit une autre pièce tirée du nouvel album, La pluie et le beau temps. Je me dis qu’elle garde les succès pour plus tard: elle a tellement de matériel dans lequel elle peut piger… Je ne savais pas encore, mais je me trompais…
Le groupe qui l’accompagne roule au quart de tour, ce qui me fait oublier un instant l’omniprésence de l’anglais et la prépondérance des pièces extraites de MA. L’un ne va pas sans l’autre, je sais. En plus de Moffatt, qui tape de temps en temps sur un tambour éclairé, qui valse d’un clavier à l’autre ou qui gratte la guitare, trois multi-instrumentistes habitent la scène: une claviériste-choriste, un guitariste-claviériste-percussionniste-choriste, un batteur-bidouilleur et un bassiste qui porte en bandoulière un singulier instrument: l’enfant bâtard d’une basse et d’un synthé. N’empêche, la formation assure et livre un électro solide comme le rock. Comme cette version «défonce» de L’équilibre. Wow, juste wow!
Beaucoup de pièces en anglais
Mes attentes devaient diverger de celle du public, qui ne bronche aucunement à l’annonce d’une reprise de… Kate Bush! Un petit effort s’il vous plaît: nous sommes aux FrancoFolies! Une partie de moi meurt dans la salle, mais les gens autour de moi ne s’en rendent pas compte: ils dansent, chantent et tapent des pieds. Je regrette quasiment mes pensées et me demande illico si je ne deviendrais pas un peu vierge offensée avec l’âge…
Même Réverbère reçoit le traitement électro, qui lui va plutôt bien. C’est plus lent, mais le public embarque à fond encore une fois: le refrain est chanté en chœur et fort. Le band improvise, réaménage les chansons, en pleine possession de tous ses immenses moyens.
Arrive le dandy David Giguère, avec qui Ariane chante Laisse tomber les filles, chanson de Gainsbourg popularisée par France Gall. Joli moment.
Une fois la scène remaniée pour faire plus d’espace, le groupe se lance dans une version longuette de la pièce-titre du second album d’Ariane Moffatt, Le cœur dans la tête, chantée en duo avec Pierre Lapointe.
Excellent flash comme deuxième chanson du rappel que de faire Jeudi, 17 mai version 2012 : le public se soulève et le Métropolis menace de s’effondrer chaque fois qu’Ariane lance: « Ce17 mai au matin, je m’oppose à cette loi spéciale» sous les éclairages rouges. Fort.
Après la question qui tue – «il vous reste encore du jus ?» —, le groupe n’a d’autre choix que de jouer Montréal, mais version reggae sinistre. Mon petit doigt me dit que les musiciens se sont amusés à amalgamer celle-ci à Jeudi, 17 mai… Le public est en feu et en prendrait pour la nuit, si la chose était possible. Mais toute bonne chose doit se terminer. Le groupe quitte la scène… et revient, pour un rare second rappel FrancoFou!
Juste avant ce qui sera la toute dernière pièce de la soirée, Ariane dit à son public chéri: «J’ai fait un album bilingue, mais je suis vraiment content que vous m’aimiez quand même!» Et ça, juste avant de chanter Je veux tout, LE moment fort de la soirée, où le public était le plus en communion avec l’artiste, ou l’inverse.
Moi, je suis un tantinet déçu que les pièces francophones aient été escamotées, mais je comprends le but de l’opération.
J’aurais aimé un concert un peu plus «meilleurs succès» pour ce passage aux FrancoFolies, mais le public lui, a adoré la soirée.
Et oui, y'a eu des casseroles sur scène!
En première partie, Frank Deweare
Première visite aux FrancoFolies pour le Belge qui habite Montréal depuis 12 ans. Normal, Mes semblables est sont premier disque en français. Du bon rock sale et groovy – les basses fréquences tourmentaient les haut-parleurs du Métropolis – comme je l’aime!
Il était accompagné de Stéphane Bergeron, le batteur de Karkwa (sont pas en sabbatique, eux?), de Perceval de Gatineau au clavier et à la basse et d’un guitariste complètement déjanté dont j’ai oublié le nom tellement son jeu était éblouissant. Une belle découverte!
Frédéric Mailloux
Photos: Frédéric Mailloux


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