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13/04/2012

Le rock est mort? Je ne savais pas!

02441749C’était sur toutes les lèvres des mélomanes cette semaine: le Journal de Québec publiait un article dans lequel certains «rockeurs» dénonçaient le fait que les radios commerciales ne jouaient pas leurs chansons.

Les artistes en question? Anik Jean, France d’Amour, Jonas et Éric Lapointe.

Sur le fond, je leur donne raison: il est vrai que les grandes stations sont frileuses lorsque vient le temps de remplir les quotas – qu’on devine une grosse épine au pied de la rentabilité et de la vente de publicité – de musique francophone. Il est vrai que ces mêmes radios résistent souvent, et longtemps, à ajouter des Québécois à leur sacro-sainte playlist. On n’a qu’à penser à Dégénérations de Mes Aïeux, longtemps tablettée, ou On va s’aimer encore de Vallières. Deux excellentes chansons, mais qui détonnent moins sur les ondes que le folk rock décapant de Bernard Adamus, le pop-rock propret de Chinatown et le gros rock gras de Galaxie, trois artistes boudés par les radios commerciales.

Trois éléments de l’article me tarabustent par contre. En premier lieu, la citation de Guy Brouillard, directeur musical de la station CKOI, qui affirme que le rock est mort. Ah oui? Le rock est mort? Faudrait l’avertir, le rock, qu’il est mort, parce qu’il semble bien se porter. Peut-être ne domine-t-il pas les palmarès comme par le passé, qu’il est moins homogène qu’avant, plus fragmenté et métissé, mais la musique basée sur les guitares a toujours sont lot d’admirateurs! Du rock d’agneau de Coldplay, au blues-pop de The Black Keys à celui plus musclé des Foo Fighters, les amateurs achètent toujours des disques et vont toujours voir des concerts. Même Soundgarden effectue un retour

Annoncer la mort du rock, c’est un peu prématuré et surtout, complètement déconnecté de la réalité musicale, comme André Péloquin l’indique sur son blogue.

Le deuxième élément qui me dérange dans cet article fait justement état de cette déconnexion majeure. Comme Joël Martel le souligne, une poignée de personnes par station décide de ce que les gens écouteront – ou subiront c’est selon – à la radio. Une drôle de danse s’installe alors: plaire aux annonceurs en ayant le plus grand nombre d’auditeurs et niveler par le bas en ne faisant tourner que des succès guimauves qui ne feront pas peur aux auditeurs. Impossible de déroger, de proposer quelque chose de nouveau, d’essayer. Malajube? Trop bizarre et on n’entend pas les paroles! Tire le Coyote? Trop country! Galaxie? Trop rock… À force d’avoir peur d’être trop, on finit par devenir pas assez…

Le troisième point qui m’agace, c’est la pertinence artistique de ceux dont émane la plainte. Anik Jean? France d’Amour? Jonas? Éric Lapointe? S’il vous plaît!  Si leurs chansons ne sont plus jouées dans les radios commerciales, à l’instar de celles de Nickelback, c’est parce que nous sommes en 2012, pas en 1992! Oui, ils ont encore leurs admirateurs (plus de 55 000 sur Facebook dans les cas d’Éric Lapointe), mais leur proposition artistique est quelque peu empoussiérée!

J’aimerais une radio à la COOL FM telle qu'on l'a vécue en 2000 à Montréal, où l’on pouvait entendre Yvon Krevé et Rage Against the Machine pendant le même segment. Je rêve d’une radio au mandat plus flou – rock contemporain, adulte urbain – qui laisse plus de latitude à ses animateurs. Je rêve d’une radio où les animateurs redeviennent ce qu’ils étaient avant, des vecteurs de découverte. Ces radios existent : elles sont communautaires, universitaires, radio-canadiennes...

Les écoutez-vous ces radios? Trouvez-vous qu’il manque de rock d’ici sur les ondes des radios commerciales? La radio idéale pour vous, c’est quoi? On jase, là…

Frédéric Mailloux
Photo: Rex Features

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À propos d’un des auteurs

Mathieu Guindon

Mathieu Guindon

Mathieu Guindon a un parcours intéressant: de Elle Québec à Flash, il atterrit maintenant chez MSN.ca pour discuter musique! De Radio Radio à Lady Gaga et tout ce qu'il y a entre, comptez sur lui pour vous parler des choses que vous devez savoir!


Mathieu Guindon

Frédéric Mailloux

Bassiste, guitariste, auteur-compositeur et critique de disques, Frédéric Mailloux est avant tout un fan de musique. D’Avec pas d’casque à Alexandre Désilets, en passant par Galaxie et Radio Radio, ses goûts ratissent large. Manquant d’heures dans une semaine pour tout écouter ce dont il a envie, il blogue quand même sur MSN.ca, question de partager ses découvertes québécoises.!



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