Festival d’été de Québec: soirée pop-rock-rétro avec Perreau, Cossette et la voix de Supertramp
Le pop-rock était à l’honneur dimanche au Festival d’été de Québec avec trois artistes aux univers bien distincts
Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de voir Yann Perreau le 14 juin dernier aux Francofolies de Montréal, il y avait une session de rattrapage dimanche soir à 18h30 à la place d’Youville.
Dans un costume anthracite, le sémillant, sautillant et tournoyant Yann Perreau a puisé largement dans son dernier album Un serpent sous les fleurs pour livrer un concert à la hauteur de sa réputation.
Sous un soleil encore mordant, que le chanteur a qualifié «d’éclairagiste de la soirée», le poète Gaston Miron a été à l’honneur le temps d’une chanson, Je marche à toi.
À l’instar de Guy A. Lepage, Yann Perreau l’animateur de foule a profité d’un long solo de son claviériste pour aller serrer quelques mains au premier rang. Tout au long de sa prestation, il a fait montre d’une incroyable générosité et d’une indéfectible énergie. Perreau est un chanteur inventif et sincère qui confirme au fur et à mesure de ses concerts ce qu’on pressentait depuis ses débuts, à savoir qu’il est un des artistes majeurs de la scène pop rock québécoise.
Le cocktail était parfaitement dosé, rafraichissant à souhait… on en redemande!
Sylvain le sage…
À 20h05, c’est Sylvain Cossette qui a pris possession de la scène Bell, entamant ainsi la dernière ligne droite de sa longue tournée qui s’achèvera à l’automne. Le chanteur commencé sa compilation géante par Get Back des Beatles. Arborant de splendides lunettes noires et une barbe taillée avec soin, Sylvain Cossette a enchainé, tel un stakhanoviste du cover, pas moins de 22 reprises en à peine 75 minutes de spectacle.
Devant un public venu également applaudir Roger Hodgson, le chanteur de Supertramp, l’artiste québécois a donné un concert raccourci de 50 minutes par rapport à sa version initiale. «J’ai retiré la plupart des ballades pour ne garder que les chansons les plus festives, je veux que ce soit un party, une grosse fête !», nous avait confié Sylvain Cosette plus tôt dans la journée.Effectivement, les titres les plus punchy se sont enchainés à un rythme soutenu ne laissant aucune place à la parole. Au hasard, Smoke On The Water, My Sharona, Roxanne, Another Brick In The Wall et un rappel que les supporters espagnols de soccer ont également dû adopter ce soir-là: We Are The Champions.
Sylvain Cossette, le chanteur aux 250 000 albums vendus pour ses deux opus sur les années 70, ne pouvait évidemment qu'être flatté d’ouvrir pour Roger Hodgson. «C’est un véritable honneur de jouer ici ce soir, juste avant Roger, nous a-t-il dit. Depuis le début de ma carrière, je tripe à chanter des chansons de Supertramp et de d’autres artistes de cette période. Ils ont été à la fois mes idoles, mais aussi mes profs de chant. J’ai rencontré Roger pendant la balance de son, c’est un homme simple. On a failli faire un duo ce soir, mais cela ne se fera pas finalement».
Le public, composé en grande partie de quarantenaires et de cinquantenaires guillerets, était à l’image du chanteur, en rythme et très discipliné. Un show sage et contrôlé donc, excellent apéritif avant d’entamer le plat de résistance.
…et la légende!
Cela fait plus de 25 ans que Supertramp est officiellement en pause prolongée. Et cela fait pourtant 25 ans qu’on continue un peu partout sur la planète à danser sur leurs chansons dont beaucoup sont des tubes qui transcendent les générations. Dimanche soir, c’est un peu Supertramp qui était en concert sur les plaines d’Abraham. Roger Hodgson, la voix du groupe, mais aussi l’auteur et le compositeur principal de tous les hits, a en effet donné un concert incroyable.
Chemise verte à manche courte, pantalon de toile, palmiers sur la scène, cheveux au vent, il y avait une ambiance de bord de mer sur la scène Bell. Profitant d’un problème de micro en début de concert, la voix de Supertramp en a profité pour s’adresser en français au public «C’est un rêve pour moi de jouer ici ce soir», a lâché l’artiste, un large sourire aux lèvres. Rencontré quelques heures avant le concert dans sa loge, Roger Hodgson nous avait déjà confié sa joie d’être au Québec. «J’aime le Québec, mais j’aime surtout les Québécois. Ils ont toujours été extrêmement réceptifs à mes chansons, depuis l’époque de Supertramp. C’était au-delà de simplement bien apprécier les chansons, à ce point de vue-là, je pense qu’on peut parler d’une histoire d’amour».
L’accueil de la foule a été largement à la hauteur de la performance de l’artiste. Les plaines se sont époumonées à chaque hit et ils furent nombreux. De Give A Little Bit à It’s Raining Again en passant par Dreamer ou bien encore Breakfast In America, tout le répertoire de Supertramp y est passé.
Dimanche soir, la ville de Québec a fait un formidable voyage dans le passé, au rythme nostalgique des chansons indélébiles de Roger Hodgson.
Des images de la soirée
David Nathan

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